Journal d’expat #3 : deux ans d’expatriation, le bilan

ABOUT ME LONDON EYE

Il y a un mois, je suis rentrée en France après deux ans passés à Londres. C’était ma première expatriation. Cette expérience a changé ma vie, c’était clairement ma meilleure décision ! J’ai mis du temps à écrire cet article mais il est finalement là. Il est beaucoup plus personnel que d’habitude, je livre vraiment mes pensées à ce moment précis de ma vie. 

Pourquoi suis-je partie ?

Après un voyage en 2018, j’ai été profondément touché par la différence entre ce que j’ai vu dans le pays visité et mes idées avant de partir. Les idées diffusées par les médias, par les livres d’histoires à l’école, et même par les réseaux sociaux. J’avais une profonde envie d’explorer et découvrir le monde par moi-même.

Mon premier constat a été que je ne parlais pas assez bien l’anglais pour voyager seule librement. Je devais donc améliorer mon niveau. Il était évident que je devais partir passer du temps dans un pays anglophone.

L’Australie m’a vite attirée. Le pays à la mode sur les réseaux, une de mes amies y avait vécu pendant un an et n’en faisait que les louanges. Clairement, ça me faisait rêver. Sauf que l’Australie se trouve quand même à l’autre bout de la planète, on parle de 24 heures de voyage minimum, de 12 heures de décalage horaire.

Certes, je voulais un dépaysement, un défi personnel mais j’avais peur.

Certes, je voulais un dépaysement, un défi personnel mais j’avais peur. C’était trop grand, trop d’un coup. Il m’est donc venue à l’esprit de faire une première tentative pas trop loin, à Londres.

Au début, il était question d’un séjour linguistique d’un mois. Je posais un mois de congés au boulot, puis je revenais et selon ce que j’avais ressenti, je préparais le départ en Australie. Lorsque j’ai évoqué le projet avec ma cheffe de l’époque, avec qui j’entretenais de très bonnes relations, cela semblait réalisable. Puis quelques jours sont passés, je ne pensais qu’à ça. Il m’est vite apparu qu’une fois à Londres, il y avait de très fortes chances que je ne revienne pas du tout. Plus j’y pensais, plus c’était clair dans ma tête. Le temps était venu, après toutes ces années à penser à ce projet sans sauter le pas, je devais m’expatrier, pour de vrai, avec un aller simple. C’est donc ainsi que le 21 mars 2019, je décollais pour Londres.

Cette expérience, un game changer

Je n’imaginais pas à quel point cette expérience allait me changer. Je crois que j’étais aussi à un âge charnière de ma vie, 28 ans. Cet âge où tu prends des décisions pour ton futur en ayant déjà un peu de vécu.

En partant, j’ai certes découvert une nouvelle culture, rencontrer des gens, mais je me suis éloignée d’une culture et d’un cercle de gens proches qui avaient formaté ma vie.

Avec plus ou moins de volonté et de conscience, notre famille nous transmet ses valeurs, ses attentes, ses directives pour notre futur. Avec toute sa bienveillance, elle nous trace un chemin à suivre. Je me suis toujours sentie pas vraiment dans les rails de ce chemin, sans jamais en être consciente. Ce n’est qu’une fois loin, livrée à moi-même que j’en ai pris conscience. Ce jugement avait disparu. Aussi bienveillant puisse-t-il être un fois encore, il est pesant.

En partant, je me déconstruite petit à petit, pour me reconstruire au fil des rencontres.

Au contact de gens d’autres horizons, j’ai découvert qu’un autre chemin était possible et que même de nombreux autres étaient envisageables. J’ai découvert qu’il n’y a pas une bonne ou une mauvaise route vers l’épanouissement. C’est profondément personnel et moi seule est capable de répondre à cette question.

C’est une constatation difficile. Car cela signifie remettre en cause tout mon système de pensée, toutes mes valeurs apprises jusqu’ici. Et c’est ici un des principaux enseignements que je tire de cette expérience. Le plus important est d’être en paix avec soi-même, car c’est avec nous-même que nous vivons chaque minute et non pas avec nos proches. Nos décisions impactent notre vie et non celles de nos proches.

Au contact de gens d’autres horizons, j’ai découvert qu’un autre chemin était possible.

J’ai appris en être en paix avec mes choix.

Je fais ce que j’ai envie de faire, ce qui m’apporte du plaisir ou me fait progresser, m’apporte une valeur ajoutée. Je ne fais plus d’efforts pour faire ce dont je n’ai pas envie ou je trouve des solutions pour cesser des obligations qui me déplaisent.

→ Je démissionne de jobs qui ne me conviennent pas.

→ Je ne fais plus d’efforts pour voir les personnes qui ne m’apportent pas de bien-être.

→ Je suis à l’écoute de mon corps et j’accepte les moments de down. Bien que cela ne soit pas toujours évident bien sûr. Mais j’ai compris que lutter contre, me prenait plus d’énergie et donc, que je mettais plus de temps à sortir de cet état.

→ Je saisis mes moments d’inspiration et je ne m’impose pas de limites. Typiquement, je suis en train d’écrire cet article à 22h alors que cela fait des semaines qu’il est prévu et que je n’arrive pas à l’écrire. Mais ce soir, sans raison, l’inspiration est arrivée et j’ai commencé à coucher les mots sur le clavier sans vraiment réfléchir.

photo avec une personne devant Tower Bridge

J’ai appris que j’étais capable de recommencer une vie de zéro et de m’épanouir.

Je me suis fait de nouveaux amis, de nombreuses nationalités différentes. J’ai appris sur leur culture, j’ai été inspiré par leurs histoires et leurs réalisations.

J’ai osé reprendre mes études et entreprendre une réorientation professionnelle dont j’avais tant envie ces dernières années. J’ai ouvert un blog, commencé à écrire et découvert que j’appréciais ça.

Je suis devenue végétarienne car j’ai rencontré des personnes veggie/vegan qui m’ont donné envie d’essayer en me partageant leur point de vue. J’ai testé et la constatation a été sans appel, je me sens mieux dans mon corps avec ce régime alimentaire. Cela ne m’empêche pas de manger de la viande en de rare occasion, et c’est ok.

J’ai appris à parler couramment l’anglais, que je ne maitrisais pas du tout en partant. C’était une de mes principales peurs.

Je suis repartie de zéro professionnellement et j’ai atteint le même niveau hiérarchique quitté en France en 6 mois.

J’ai couru plusieurs semi-marathons. En partant, je préparais mon premier semi, et depuis j’en ai couru 4. J’ai parfois couru jusqu’à 50km par semaine. Chose que j’osais à peine imaginer en démarrant la course en 2018 !

J’ai encore tellement à découvrir

Au cours de mes deux années d’expatriation en Angleterre, j’ai énormément appris sur moi-même et sur les autres. Sur ma culture et mon pays bien qu’étant à l’étranger. J’ai aussi beaucoup appris sur les autres, le monde à l’extérieur des frontières hexagonales et les dictas de nos médias. C’était un de mes souhaits les plus chers, me faire ma propre opinion du monde qui nous entoure.

Après deux ans passés à l’étranger, je peux dire que je n’en ai qu’un bref aperçu, il y a encore tellement à découvrir, à apprendre. Cette expérience m’a simplement donné envie d’aller encore plus loin, géographiquement mais aussi dans ma façon de vivre le pays.

Lors de ma prochaine expatriation, j’ai envie de sortir encore plus de ma zone de confort socialement et d’aller vraiment à la rencontre des locaux. Je suis loin de l’avoir assez fait à Londres. Cela vient aussi du fait qu’il y a une très grande communauté d’expat dans la capitale anglaise et ainsi, il est facile de s’y intégrer. Pour mon premier saut dans l’inconnu, je dois avouer que j’ai apprécié tomber rapidement dans ce petit monde, j’y ai reconstruit une zone de confort et je m’y suis cocoonée. Alors en l’écrivant ici, je suppose que cela m’engage un peu. La prochaine fois, je vais au contact des locaux ! Voilà, c’est écrit…

Et si c’était à refaire ?

Je ne changerais rien de mon expatriation ou même de l’avant expatriation. Car toutes mes décisions, mes rencontres m’ont mené ici aujourd’hui. A l’heure actuellement je suis dans une grande situation d’inconfort. Je n’ai pas de visibilité sur mes projets personnels, je n’ai pas de domicile fixe, je suis en plein chamboulement professionnel. Bien loin d’une quelconque zone de confort donc ! Mais je suis en phase avec mes choix et en paix intérieure, et ça, ça n’a pas de prix.

Je suis une boulimique de la vie, et je l’assume enfin.

Je sais que je passerai encore par des périodes de turbulences, et pour dire vrai, j’adore ça. Car cela rend l’arrivée encore plus belle. Mes proches vous le diront, je ne tiens pas en place. Dès qu’un projet est abouti, je me lance dans autre chose. Certains diront que je fuis quelque chose, je préfère penser que je suis la capitaine de ma vie, et que je multiplie les expériences qui me procurent un épanouissement intense. Je suis une boulimique de la vie, et je l’assume enfin.

Disclaimer : cet article n’a pas but à dire que je détiens le secret du bonheur ou de l’épanouissement, bien loin de là. J’ai décidé de partager mes pensées profondes car lire de tels articles sur d’autres blogs m’a profondément aidé dans mon cheminement. Entendre des témoignages d’autres personnes ayant traversées ces remises en question profondes m’a aidé à me sentir moins seule et à imaginer qu’autre chose était possible.

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