Témoignage d’expatrié : Julien au Canada avec un permis jeune professionnel

Julien, trentenaire expatrié au Canada depuis un an et demi grâce à un visa jeune professionnel, nous raconte son expatriation. Les grands moments mais aussi ce qui le pousse à rentrer en France à la fin de son visa, dans les mois à venir.

➖ Hello Julien, qui es-tu ?

💬 Julien, 33 ans, originaire de France et plus particulièrement de l’Aquitaine. J’ai trouvé un emploi au Canada depuis la France par le biais de Pôle Emploi International. J’ai passé deux entretiens pour un poste au dessus de ma formation et de mes compétences (un premier avec un cabinet de recrutement puis un second avec mon patron et mon responsable). J’ai souhaité tenter malgré tout pour gagner l’expérience d’un entretien à la Canadienne/Québécoise. C’est un autre français qui a eu le poste, mais ils cherchaient aussi des manutentionnaires. J’ai accepté le poste et je suis parti seul le 08 août 2019 au Québec avec un Permis Jeune Professionnel (Permis fermé, lié à une seule entreprise). Cela fait actuellement un an et demi. Je suis situé à environ 45 minutes de la ville de Québec en pleine campagne.

 

Pourquoi as-tu choisi l’expatriation ? Qu’est-ce qui t’a poussé à t’expatrier ?

💬Je ne sais pas si je peux dire que j’ai choisi l’expatriation. C’est plutôt elle qui m’a choisi.

En 2015, je me suis lancé en reconversion professionnelle dans le domaine de la logistique. Déjà à cette période, je rêvais de partir au Canada. Que ce soit en vacances ou pour travailler. Initialement plus pour des vacances. Suite à l’obtention de mon diplôme, j’ai commencé à chercher les moyens de pouvoir y aller. Et fin 2018/début 2019, j’arrivais à un moment de ma vie où j’avais la détermination de partir. Comme cela faisait 10 ans que j’étais dans le monde du travail et sans travail à long terme. Je voulais changer d’environnement. Même si j’adorais ma région et que je tiens à ma famille, je sentais que j’étais dans une impasse et que j’avais besoin de bouger. Le fait d’avoir prospecté m’a permis de me projeter dans un avenir certes incertain, mais où je me voyais. Je suis plutôt quelqu’un de très réservé. Le fait de partir seul me permettait de sortir de ma zone de confort sur plein de choses dont ma timidité. C’était aller à la rencontre des gens, découvrir des sports, de nouveaux paysages et surtout ce que l’expatriation pouvait apporter. L’expatriation, c’est repartir de zéro et tout réapprendre. Je voulais me défier, être la meilleure version de moi-même.

Lac au Canada - Image libre de droit

Qu’est-ce que l’expatriation t’as apporté ?

💬 À être plus autonome. ça m’a permis d’avoir une autre vision de moi. Dans le sens où je pensais que j’avais une certaine façon de penser, mais en réalité pas forcément. C’est aussi faire des choix qui nous semblent plus importants ou que l’on osait jamais imaginer.

 

Quelle a été ta plus grosse galère en expatriation ?

💬Je ne sais si on peut appeler ça des galères, comme on en a tous à un moment de notre vie. La seule galère éventuellement c’est lors de mon arrivée, j’ai dû faire mon permis de travail à l’immigration à l’aéroport de Montréal. A ce moment-là tout se passe bien. Le lendemain, la personne du cabinet de recrutement demande à voir mon permis de travail (que je n’avais pas checké). Là, il découvre que le douanier a mis un an au lieu des deux ans prévus. La demande de rectification s’est faite en trois fois.

La première fois, j’envoie la demande de rectification avec l’aide d’une personne qui soutient les immigrants. Ma demande a été refusée, car ils ne voyaient pas où était l’erreur. L’avocate qui a fait les démarches d’immigration me conseille d’aller faire le tour du poteau* au niveau des Etat-Unis. Ainsi lorsque j’entre à nouveau sur le sol canadien, le douanier devrait me donner un nouveau permis avec les bonnes dates. Après une heure de route, une heure d’attente pour une réponse de mon avocate et les démarches côté américain, le douanier me dit qu’il faut faire ça sur internet.

Finalement, je remplis de nouveau le dossier et vérifie que toute les informations sont correctes et j’envoie ça. C’est lors de cette troisième tentative, avec l’aide de l’avocat en immigration, que je reçois mon permis avec la bonne date.

*Le tour du poteau, consiste à passer la frontière d’un pays puis revenir quelques minutes après pour valider votre visa. En effet, lorsqu’un nouveau permis de séjour vous a été accordé et que l’ancien se termine, vous êtes dans l’obligation de sortir du territoire puis d’y re-rentrer afin d’activer ce nouveau visa.

Lac au Canada - Image libre de droit

➖ Quel a été ton plus beau moment / ta plus belle victoire en expatriation ?

💬 Il y a eu beaucoup de beaux moments. Je ne sais pas si on peut parler d’un beau moment, mais pour mes premières fêtes de fin d’année, je me suis retrouvé dans le Vieux-Québec entouré des décorations de noël. J’avais ce sentiment que l’on peut ressentir à l’approche des fêtes, que tout est possible et je me sentais à ma place. Bien que j’aurais aimé partager ce moment avec quelqu’un.

 

Si c’était à refaire, que ferais-tu différemment ?

💬 Avec le contexte actuel, c’est difficile de répondre. Mais si je pouvais faire différemment, je réfléchirais un peu plus sur le lieu où je vais vivre. Bien que j’aime travailler pour l’entreprise dans laquelle je suis. J’ai l’impression d’être loin de tout et de ne pas pouvoir profiter des grandes villes comme Montréal ou Québec.

 

➖ Penses-tu rentrer en France prochainement ? Pourquoi ?

💬 J’ai pris la décision, il y a quelques semaines, de rentrer en France à la fin de mon visa. Avec le covid et le fait de vivre seul, la solitude commence à se faire ressentir. J’adore ma vie au Québec. Si j’avais pu, je serais certainement resté. Mais bien qu’en partant, je savais que je ne verrais pas ma famille pendant quelques temps, cela joue sur le moral de ne voir personne. Il n’y a plus de contacts sociaux. C’est de ne pas pouvoir en profiter à fond comme je le désirais.

 

Merci beaucoup pour ce partage, j’espère que cela pourra aider des personnes souhaitant s’expatrier 🤗 Où peut-on te retrouver ? 

💬 J’ai un compte instagram baiona_quebecois sur lequel je poste des photos des endroits que j’ai la possibilité de visiter.

TORONTO - Image libre de droit

4 réflexions sur “Témoignage d’expatrié : Julien au Canada avec un permis jeune professionnel”

  1. Julien est mon filleul. Déjà, quand je l’aidais à préparer ses épreuves d’Anglais, il était polarisé sur un séjour au Canada. Il en avait fait un de ses sujets phares pour ses épreuves orales.

    Il n’a jamais rien lâché et a fait preuve d’une détermination et d’une bravoure incroyable pour aller au bout de son rêve Canadien.

    Parfois au creux de la vague, particulièrement en ces temps troubles, confronté à l’annulation des séjours de ses proches, à l’isolement, à l’éloignement, il a tenu bon et a partagé avec nous, de loin, comme il pouvait, ce qu’il savourait de son pays d’adoption.

    Pour avoir connu l’expatriation moi même, je sais que cette expérience laissera des traces magiques et indélébiles dans la vie et la mémoire de Julien et qu’il va revenir fort et grandi de tout ce vécu spécifique.

    Julien est mon filleul.
    Je suis fière d’être sa Marraine.

    1. L’expatriation est une très belle expérience qui nous marque pour le reste de la vie ! Mais il y a des hauts et des bas, comme dans tout 😉

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